
[NO 459] CHABRAN, Joseph (Cavaillon 1763- Avignon 1843). Général (1796 ; confirmé 1797). Armée d’Italie 1792, servit à Loano, Lodi, Lonato, Roverdo, Bassano, au Tagliamento, commandant les Bouches-du-Rhône 1798, armée d’Helvétie 1799, fit prisonnier le général autrichien Auffenberg, commandant les îles de Ré, d’Oléron, d’Yeu et d’Aix en 1803, en Espagne 1808, gouverneur de Barcelone, réforme 1810.
Lettre signée avec 7 lignes autographes au maire de la commune de CAVAILLON (dép. Vaucluse). PARIS, le 22 germinal an XI (12 avril 1803).
Citoyen Maire !
Au recu de votre lettre du 21 ventose, je me hâtai d’agir pour tacher de faire annuller, ou du moins modifier l’arrêté du conseil de préfecture du 18 frimaire qui declare nationale la montagne du LABEROY. L’administration des forêts où je me tranportai dabord repondit a toutes mes instances, qu’elle ne pouvoit n’en statuer a ce sujet, sans au préalable avoir recu le rapport du conservateur des forêts etabli à NISMES. Le cit(oy)en Clareton qui est aussi jaloux, que moi, d’etre utile a son pays, m’a accompagné à l’administration des forêts ; et a fait ecrire par un de ses amis à Mr Charles neg.t, chés qui loge Mr. Payan conservateur, a l’effet d’obtenir un rapport favorable de sa part. Il me paroit Citoyen Maire, qu’il seroit urgent de faire agir quelqu’un auprès de Mr Charles pourque ce dernier, par l’intimité qui regne entre lui et Mr. Payant, put obtenir un resultat avantageux. Quant a moi je suis entierement devoué a mon concitoyen, et vous prie de croire que je serai auprès de l’administration et ministre tout ce qui sera en mon pouvoir pour la réussite du projet de l’administration....
[les lignes autographes :] P.S. J’ai là le plaisir de voir le C(itoy)en Duras homme de loi qui m’a remit vostre arretté. Je suis d’avis que vous lui ecriviez souvent, et que vous le pressiez .. de ne pas perdre votre affaire de vue. Car ici à Paris les hommes de loi sont très negligents, et font trainer en longeur des affaires qui seroient terminés sous peu...
2 ½ p. in-4 avec adresse, marque postale (Paris) et sceau de cire rouge...............50 Euro

[NO 460] Hôpital militaire de HUNINGUE - COUSTARD DE ST. LO, Guy (île Saint-Domingue 1752 – Paris 1825). Volontaire dans Choiseul-Dragons pendant la campagne de 1762 en Allemagne (Guerre de Sept Ans), il entra le 28 mars 1763 dans la 2e compagnie de mousquetaires, où il prit rang de capitaine de cavalerie le 17 janvier 1773. Admis en cette qualité, le 6 février 1774, dans Custine-Dragons (Lescure en 1780), il fut fait capitaine de remplacement au corps, alors Montmorency, le 30 août 1784, et y devint capitaine en second le 19 mai 1786. Pourvu d'une compagnie, le 12 mai 1788, à la réorganisation du corps, sous le titre de chasseurs des Évêchés, il fut, à cause de son esprit philosophique et frondeur, enfermé au château de Ham en vertu d'une lettre de cachet du 19 octobre, et recouvra sa liberté le 10 mai 1789 en obtenant un brevet de chef d'escadron. Chevalier de Saint-Louis le 25 mai 1791, et lieutenant-colonel du régiment (2e chasseurs le 6 novembre), il en devint colonel au commencement de 1792, et commanda, par intérim, à Strasbourg, à la suite de la suspension du maire Dietrich (17 août 1792).
Maréchal de camp le 15 septembre de la même année, et général de division le 15 mai 1793, il servait à cette époque à l'armée des côtes de La Rochelle, d'où le Comité de salut public le rappela à la suite de sa vaine tentative pour reprendre Saumur aux Vendéens. Envoyé à l'armée des Alpes, il commanda en chef, par intérim, au siège de Lyon, et fut suspendu comme noble, le 7 octobre 1793. Réintégré dans son grade, sans être employé, il se retira dans sa propriété de Gennevilliers, près de Paris. En l'an VII, il eut l'inspection générale provisoire des troupes à cheval de l'armée d'Angleterre, entra, en l'an VIII, au Directoire central des hôpitaux, et obtint le traitement de réforme le 7 floréal an IX, en conservant ses fonctions administratives. Au mois de pluviôse an XII, il sollicita l'honneur de faire partie, comme simple grenadier, de l'expédition dirigée contre l'Angleterre. Napoléon Bonaparte, tout en n'acceptant pas ses services, le nomma membre de la Légion d'honneur à la promotion du 25 prairial. Le général Coustard qui obtint la solde de retraite le 7 juillet 1811, et qui, jusqu'au 21 mars 1821, remplit les fonctions de membre du Directoire des hôpitaux, est mort à Paris le 19 novembre 1825.
Lettre signée comme membre du directoire central des HOPITAUX MILITAIRES au préfet du département du Haut-Rhin à COLMAR. Paris, le 14 octobre 1806.
...Son Exc. a reçu, Monsieur, avec votre lettre du 1er de ce mois un procès verbal en datte du 8 septembre d(erni)er constatant la vente des vins de l’approv(isionnem)ent de siège de l’hôpital m(ilitai)re de HUNINGQUE. Nous avons l’honneur...
1 p. in-4 avec adresse et marques postales (Directeur de l’ad.on de la guerre en vert et Affranchi par état). TB............................................................................................................50 Euro

[NO 488] AFFAIRE DE MALET - MALET, Claude Francois (Dôle 1754 - Paris 1812). Fusillé pour conspiration contre l’Empire le 29 octobre 1812.
Général en 1799, aux armées du Rhin 1793, des Grandes Alpes en 1799, des Grisons en 1800, commandant des départements de la Charente (1802), de la Vendée (1804), en 1806 à l’armée de Naples.
Lettre autographe signée comme capitaine faisant les fonctions d’adjudant général à un Monsieur. PORRENTRUY (Suisse), le 22 avril 1793.
... Je viens, Citoyen, de recevoir votre lettre et celle du Citoyen Escoffier que vous me faites passer. Je lui écris par le retour de l’ordonnance que je ne puis pas lui envoyer un ordre du général, qui est absent ; mais, comme je suis chargé, en son absence, de tout ce qui concerne le service, je lui dis de faire passer les hommes du 33me Rgt. à Hegenheim, proche Hoefingen, éscortés par un détachement de la gendarmerie nationale ; si vous ne pouves pas vous défaire de quatre gendarmes, vous y suppleres par la cavalerie. - Je viens de voir que vous n’aves pas de gendarmerie ; ainsi vous prendres quatre cavaliers et un brigadier...
1 p. in-4. Excellent état. Rare.....................................................................400 Euro



[NO 492] LA REVELLIERE-LEPEAUX, Louis-Marie de (Montaigu 1753-Paris 1824). Un des cinq premiers Directeurs du Directoire ainsi que député de Maine-et-Loire - SCHERER, Barthélémy Louis Joseph (Delle 1747 - Chauny 1804). Général en 1793, ministre de la guerre 1797-1799. Armée du Rhin 1792, commandant en chef l’armée d’Italie en 1795, vainqueur à Loano, de nouveau commandant en chef l’armée d’Italie et de Naples en 1799, vaincu à Magnano.
P.A.S. et P.S. sur une lettre de Guy BLANCARD (ca. 1741-1816) en faveur de ses deux fils, dont l’aîné - Jean-Charles-Marie-Guy (1773-1813) mourra comme chef d’escadron du 11e de cuirassiers en 1813 sur un champ de bataille et le cadet, Amable-Guy (1774-1853), deviendra un général de cavalerie le même année (1813). LORIOL (Drôme, Dauphiné), le 23 floreal an VI (12 mai 1798).
Citoien directeur,
J’ai pris la liberté de vous ecrire le 11 pluviose dernier, pour vous demander vos bons offices en faveur de mes fils, qui servent dans les armées de la république depuis 7 ans : aiant quelque raison de soupconner qu’elle ne vous est pas parvenue, je prens encore celle de vous ecrire celle-cy pour vous reitérer la meme demande et pour prier de leur accorder le grade de chef d’escadron. Je suis assuré qu’ils le rempliront dignement.
Sur la fin du mois d’8bre 1791, ils sont entrés sous lieutenans dans le 11e regiment de cavalerie, comme fils de citoien actif. Ils n’ont pas cessé depuis d’etre présent à leur corps excepté pendant 14 jours qu’ils ont passé auprès moi, avec l’agrément verbal de leurs chefs, enpassant du Rhin en Italie.
L’aîné qui a un an de plus que son frere est agé de 25 ans ; il est capitaine depuis quelques mois, et il a constamment été raporteur du conseil de guerre de la division tout le tems qu’elle a resté a Trévige.
Le cadet est premier lieutenant.
Ils sont l’un et l’autre remplis de vertu, d’amour pour la république, ils desireraient par dessus tout les occassion de la servir ; ils entendent parfaitement leur métier, ils ont donné des preuves à des epoques difficilles et dans un age bien tendre de l’importance qu’ils attachaient à la discipline militaire, sans laquelle il n’existe pas d’armée. Ils ne manquent pas d’instruction d’ailleurs, aiant recu à Geneve une education liberale dont ils avaient assés profité. Voila leurs titres pour l’avancement. Je n’ai pas ecris la bravoure en ligne de compte, quel soldat francais en manque ?
J’aurais bien de mon coté quelques services à citer, s’ils pouvaient leur servir ; j’ai été de touttes les assemblés de la cy devant province de Dauphiné, préparatoirs du gouvernement républicain, j’ai constamment combattu sous la même barriere que vous, citoien directeur, à l’assemblée constituante ; j’ai été en la quittant juge de paix pendant 4 ans, et je le serais encore si le délabrement de ma santé ne m’avait pas forcé de me refuser aux suffrages du peuple, qui pour me donner une preuve de son estime m’a constamment nommée assesseur, ce que j’ai pu accepter comme moins pénible ; j’ai été de touttes les assemblées electorals dont j’ai pu être, et toujours le 1er electeur ; j’ai été membre du comité révolution(nair)e de ma commune, et il s’en est falu de peu de jours que je n’aie paié de ma tête d’avoir empêché bien du mal auquel allaient concourir des citoiens aiant les intentions les plus pires.
Si je ne me trompe pas et que ce soient effectivement là quelques services rendus à la chose publique, il serait bien doux pour moi qu’ils valussent au profit de mes chers enfans ; leur intéret seul a pu m’engager à les rappeler, car vous le scaves, citoien directeur, le plaisir de faire le bien et son devoir est si grand qu’il en est le plus délicieuse recompense.
[note autographe de la Revelliere-Lepeaux :]
Recomandé a l’attention particuliere du ministre de la guerre il est invité a faire un prompte rapport si il y a lieu LM Revelliere-Lepeaux
[note signée du général Scherer :]
renvoyé au cit(oyen) Combes pour faire rapport, 3 fructidor an 6 - Scherer
BLANCARD, Amable Guy (Loriol 1774-Paris 1853). Général (cavalerie) le 28 septembre 1813, baron 1810. Armée du Rhin et Moselle 1795, d’Italie 1797, armée des Côtes de l’Océan 1803, Grande Armée 1805, servit à Austerlitz, à Friedland, Ratisbonne, Wagram, servit en Russie 1812, à la Moskowa (Borodino), blessé à Winkowo, blessé à Waterloo.
3 p. in-fol. Superbe état...............................................................................150 Euro


[NO 495] COMITÉ DE SALUT PUBLIC - MACORS, Francois Antoine Joseph Nicolas (1744-1825). Général d’Artillerie.
Lettre autographe signée au comité de Salut Public en faveur de Louis Auguste Chaumat, qu’il a choisi pour son aide de camp. Sept signatures ( !) autographes des membres du Comité de Salut Public (voyez ci-dessous). PARIS, le 14. germinal an III (3 avril 1795).
Citoyens representans.
J’ai choisi pour mon aide de camp le Citoyen Louis Auguste Chaumat sous-lieutenant au 3e Bataillon du Morbihan actuellement au camp de Baciul ( ?) près Angers ; veuillés bien confirmer ce choix et authoriser cet officier à se rendre auprès de moi, lorsque je lui en transmettrai l’ordre ;
Salut et fraternité !
Macors
aprouvé
J. P. Lacombe du Tarn [Jean Pierre Lacombe Saint-Michel, 1753-1812, général (artillerie) et conventionnel, vota pour la mort de Louis XVI.]
Dubois Crancé [Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé, 1747-1814, général et conventionnel, vota pour la mort de Louis XVI.]
Boissy [Francois Antoine Boissy d’Anglas, 1756-1826, conventionnel]
A. Dumont [André Dumont, 1764-1838, conventionnel, vota pour la mort de Louis XVI.]
Reubell [Jean Francois Reubell, 1747-1807, conventionnel]
Sieyés [Emmanuel Joseph Sieyès, 1748-1836, vota pour la mort de Louis XVI.]
J. P. Chazal [Jean Pierre Chazal, 1766-1840, vota pour la mort de Louis XVI.]
1 p. in-fol. Bon état.................................................................................320 Euro


[NO 497] SIEGE DE MAYENCE - LAISSEZ-PASSER - THIONVILLE. Laissez-passer pour le Citoyen Francois Xavier Riefflet capitaine de chasseurs du corps franc de siège de Mayence, natif de Mayance (sic !) allant à Metz, âgé de 32 ans. Délivré en la Maison Commune de THIONVILLE, le 5 août 1793. Sceau à sec de la municipalité de Thionville. Plusieurs signatures, dont Geroux, officier municipal et celle du capitaine Riefflet.
Au verso, on trouve des notes de plusieurs étapes du capitaine Riefflet :
x Vu a la maison commune de METZ, le 6 août 1793 ... et chargé de se presenter au comité de surveillance de la section - Barthelemy, notable
x Vu par la comité de surveillance de la commune et des sections réunis à METZ, le 13 août 1793 - Nielle
x Vu au comité des Douze ( ?), NANCY, le 18 août 1793 - C. Jeanroy
x Vu a ST.-DIZIER le 20 août 1793 - Robert Deschamps, off(icie)r m(unicip)al
x Vu au comité de surveillance de la SECTION DES THUILLERIES [TUILERIES, PARIS] ou le citoyen Riefflet nous a déclaré être arrivé le 21 du courant et être logé Rue St. Thomas no. 248. Fait au comité le 24 août 1793 - Moulin, Charvet secrétaire [cachet humide rouge]
x Vu bon a laisser passer librement ledit citoyen qui revient de Mayence, et qui demande a rejoindre son corps, et avoir sa destination au bureau de la guerre. PARIS le 30 août 1793 ... Le com(misai)re des guerres Cottel
2 p. in-fol. rousseurs, reparations. Vignette......................................................70 Euro


[NO 508] De la PREMIÈRE ABDICATION de L’EMPEREUR jusqu’à la PREMIERE RESTAURATION - ANGERS - LES-PONTS-DE-CÉ - LA CHAPELLE, NN. de. Non identifié. Apparemment le maire de la commune des Ponts-de-Cé. 39 lettres autographes signées à Monsieur Hureau, greffier de la mairie de Ponts-de-Cé. La plupart des lettres avec des adresses, mais sans marques postales. Mis à part une lettre du 9 mars 1813, toutes les autres datent du 9 janvier jusqu’au 4 novembre 1814 (aussi les trois où manque la date).
Quelques extraits intéressants :
15 janvier : ...je vous fais passer une lettre du 14 janvier de Mr. le s(ous)-préfet relative aux tambours de la commune vous vouderés bien de suite prendre tous les renseignemens qu’on exige ... Vous deviés faire passer aujourdui a la s(ous)-prefecture les procès verbaux relatifs aux marchands débitant de poudre et plomb de la commune
17 janvier : ...dans la corespondance administrative de Mr. le préfet no. 6 que je vous fais passer voux y trouverés les operations rélatives a la conscription de 1815. Il seroit posible que malgré les précautions qui ont été prise que quelques individus par negligence ou oubli ne se soient point faits inscrire, pour eviter tout reproche vous ferés publier de nouveau la conscription, et ferés invitation a tous ceux qui sont de cette classe et qui ne se seroient pas faits inscrits de venir dans le delais que vous fixeres se faire inscrire ...
5 février : ... sur la lettre de Mr. le s(ous)-préfet du 4 février relative a la répartition et récouvrement d’une somme de 2548 Francs 16 Centimes a payer de suite par les hommes susceptibles de faire partie de la garde nationale en activite, et qui ny sont pas appelés a cause de leurs facultés ou motifs legitimes. Vous voudrés bien de suite convoquer le conseil pour mardi 8 du courant a 9h du matin ... et comme il se pouroit faire que mardi jour de foire plusieurs se trouveroient absent, si vous prevoyés que la majorité ne puisse sy trouver vous remettries pour le jour suivant l’invitation, et a 10 h vous m’envoyerés les lettres de convocation par le garde demain ....
26 février : ... vous trouveres dans le paquet que je vous fais passer un arrêté et une lettre de Mr. le préfet qui taxe notre commune a une réquisition de 30 quinteaux de foins rendus a Angers sous quatre jours. Comme il faut que la répartion s’en fasse de suite, vu le bref délais qu’on vous accorde, je me rendrai ce soire aux Ponts de Cé et afin de faire les choses le plus justement posible j’ecris a Mrs Routard Geslin Roffray et Hamon de se trouver sur les trois heures au plus tard a la mairie, afin de faire ce travaille. Vous de votre coté je vous invite a mettre tous la regle afin que notre operation se fasse le plus promptement posible...
2 mars : ...je vous fais passer la lettre de Mr le maire d’Angers en reponse a celle a lui ecrite rélativement aux fourages a fournir par la commune ; vous vouderés bien la comuniquer à Mr. Routard afin qu’il ait a prendre de suite les mesures convenables pour faire rendre dans les magasins les fournitures ordonnées. Vous ferés les avertissemens pour chaque contribuables que Mr Routard signera...
5 mars : ...je vous fais passer une lettre de Mr. le s(ous)-préfet en date du 2 mars dans laquelle se trouve le decret impérial du 7 janvier qui a ordonné que toutes les depenses civiles ne seraient acquitées qu’après le payement de solde d’activité de service militaire. D’après la lettre des ministres de l’interieur et du trésor a Mr. le préfet tous les traitemens des employés de la mairie deveront etre diminués pour les quatre pr(emier)es mois d’un cinquieme par mois, comme la p(remie)re trimestre aproche, vous voudrés bien vous rapeller de faire cette retenue sur les mandats que vous m’enverrés a signer, et d’en prévenir tous les fonctionaires que cela concerne...
16 mars : ... Mr. le sous préfet par sa lettre du 14 du courant me demande un compte exacte des sommes perçues et a percevoir pour les réquisitions des chevaux et l’équipement des gardes nationales ; j’ecris a ce sujet a Mr. le percepteur... Vous ne m’avés point adressé le resultat de l’assamblée des off(icie)rs de la garde nationale, je ne peux prevoir d’ou peut venir ce retard, je ne presume pas que d’après les ordres que j’ai donné plusieurs fois elle n’ait pas encore tenus, nous sommes deja très en retard et si on retardoit plus longtems je pourois etre compromis. Vous n’oublirés pas de faire afficer dans chaque quartier la liste de chaque compagnie avec leurs off(icie)rs et etat majors, un etrait de la lettre qui en a auctorisé l’organisation et par qui a été formée la garde nationale...
4 avril : ...Lirole ( ?) vous remettra 32 F 50 C que je viens de recevoire de la s(ous) prefecture pour payement des fusils fournis par la commune. La somme apartenant a chaque proprietaire et jointe a la lettre de Mr le s(ous)-prefet vous vouderés bien faire venir chaque individus et leurs déclarer d’après l’ordre de Mr. le s(ous) prefet que cette somme doit etre versée entre les mains du percepteur ...
10 avril : ...Les nouvelles d’hiere se soutienent, le préfet n’a encore rien fait afficher ni publier n’ayant point encore recu d’officiel. Hiere soire au salut de la cathedral on a chanté le domine salvum fac regem, il y avoit beaucoup de cocarde blanche a la ceremonie elle sont très commune a Angers, il parait qu’elle sont tollerée. Faite moi passer par le courier prochain quelques plumes taillées...
23 avril : ...je vous fais passer une lettre de Mr le préfet qui vous annonce qu’incéssament nous allons avoire de la troupe aux Ponts de Cé pour y être stationnée jusqu’a nouvel ordre on devera leurs fournir logement et pain, tachés si il est posible de trouver un boulanger qui veuille se charger de la fourniture, vous pourrés l’assurer d’après la lettre de Mr. le préfet que je vous envoye, qu’il sera payé exactement tous les mois, si on ne peut trouver de fournisseur on sera obligé d’employer d’autres moiens...
24 avril :...d’après votre lettre, je me suis transporté de suite chés Mr. le préfet pour avoire une explication avec lui rélativement au second envoie de troupe dans la commune. Malheureusement ce n’est point un erreur, la quantité de troupe qui lui est arrivé aujourdui et a laquelle il ne s’attendoit pas a necessité cette mesure ; il m’a seulement promis que des demain il s’occuperoit de faire une nouvelle répartition et que sous deux ou trois jours si il lui etoit posible il alégiroit notre fardeau, son projet est d’en mettre dans les communes environantes. Il m’a dit que son embarras etoit extrême dans ce moment ici, que au lieu de dix mille hommes qui devoient passer dans le département il en passeroit soixante mille, il a envoyé le s(ous) préfet a Paris pour tacher de pouvoire faire prendre une autre direction a une partie de ces troupes ; il y a trois jours qu’il est parti, il n’en a pas encore eus de nouvel. Il faut en attendant les loger dans les maisons les plus aisées y devant etre nouri....
27 avril : ...vous voudrés bien comuniquer à Mr. Routard la lettre du 26 avril de Mr. préfet qui m’annonce le passage de differans bateaux de malade se rendant a Nantes ; je le prie de prendre les mesures pour que les malades trouvent ce qui est prescrit par la lettre de Mr. le préfet soit par voie de réquisition ou par invitation aux habitants de porter a ces malheureux ce quils pouront pour le soulagement de ces passgers ; la maniere dont ils ont accuillis les p(remie)rs blessés ne me laissent point de doute que ceux qui vont passer ne trouvent les mêmes secours. Si d’après les invitations qui auront été faites les malades ne se trouvoient point pourvus du nécessaire, on devra prendre sur les fonds municipaux, on pouroit aussi faire commander une fournie de pain a l’avance afin de n’etre pas au dépourvu. Dans tous les cas comme le mande Mr. le préfet, on ordonera aux bateliers de continuer leurs routes sur Nantes...Sorge et les campangnes n’ayant point eu de logemens seront particulierement invités a porter pain et vin aux malades...
7 mai : ...le jeudi j’ai été trouvé le capitaine Denogue commandant la compagnie dont fait partie le sergent qui a été mis en prison ; il ne m’a pas été posible de rien obtenir, il m’a répondu que le raport avoit été fait au general, et que ce n’etoit pas pour l’affaire arrivée aux Ponts de Cé qu’il etoit en prison, mais pour faits anterieurs ; il m’a cepandant promis qu’il parleroit au general pour adoucir sa peine, vous pouvés dire a ses camarades qui s’interessent a lui, que je me ferai un vrai plaisir si je peux leurs utile dans cette affaire de m’enployer de tout mon pouvoir pour faire adoucir le sort de leurs camarades... Je vous fais passer une lettre du gare magazin des vivtres qui nous annonce qu’il s’occupe de se procurer des fonds pour les fournitures de pain faites aux communes, quant a la viande cela ne le regarde pas, et que cette fourniture est faite par une compagnie et que c’est Mr de Ventaux munitionaire de vivres qui en est chargé..
14 mai : ...je vous fais passer trois exemplaires de la declaration du roi ; par la lettre de Mr. le préfet du 10 mai ... elles doivent etre lues au prone et de suite afficés ; vous voudrés donc bien monsieur de suite en faire passer un exemplaire a chacuns de Mrs. les curés et les prier ... les lire au prône de leur messe...
24 mai : ... si le drapeau qu’on vous propose est convenable, vous en ferés d’acquisition et le ferés passer de suite a Mr le curé de St. Aubin en le prirés de ma part de le faire placer de suite sur son clocher ... le prevenant que toute dépense a ce sjuet lui sera remboursé par la municpalité...vous enverrés par celui qui sera chargé de prendre le drapeau le foureau de l’ancien et recommanderés d’en pouiller le nouveau de maniere a ce qu’il ne se gate pas et que personne le voye...
début de juin : ...j’eusse desiré savoire les mésures que vous avés prises pour faire prendre le drapeau, il est absolument nécessaire qu’il soit rendu aux Ponts de Cé pour dimanche prochain le huit, jour qui sera destiné a chanter selon toutes les aparances le Te Deum ; le mandement doit paraitre demain et le Te Deum devra etre chanté a Angers le même jour et le dimanche d’après dans toutes les communes. Je vous prie donc de faire en sorte qu’il soit rendu quelques jours avant cet époque. Vous ne parlés pas non plus du drapeau qui doit être mis sur St. Aubin et dont je vous avois chargé de faire l’achat. Arangés vous de maniere (avec Mr le curé) pour qu’il soit placé demain sur le clocher de St. Aubin ; déja j’ai essuié des reproches pour le retard qu’on a mis a mettre l’enseigne du nouveau gouvernement. Ces reproches me sont d’autant plus sensible que depuis longtems j’attendois cet heureuse evénement, veuilles donc prendre des mesures avec Mrs. les adjoints pour que demain sans faute le drapeau blanc flote sur le clocher de St. Aubin et sur celui de Sorge si il est possible. Vous lirés attentivement le no. 21 de la corespondance de Mr. le préfet et voudrés bien vous conformer a tout ce qu’il contient, et sur tout faire publier et afficher la proclamation du roi rélative aux contribution quoique l’obligation imposée aux percepteurs ne regarde pas je crois notre commune il est cepandant indispansable que vous le fassies connaitre au percepteur. Vous tiendrés prêt les lettres de convocation pour le Te Deum, et mercredi sur les trois heures je passerai a la municipalité où je le signerai...
13 juin : ... je suis bien faché de ne pouvoir accorder la demande des paroissiens de St. Aubin. Le drapeau ne devra sortir dorenavant que lorque l’administration sera convoquée et rassamblée en corps et lorsqu’il y aura au moins la moitié de la garde nationale sous les armes. Vous voudrés bien temoigner mes regrets a Mr le commandant de la garde ainsi qu’aux paroissiens de St Aubin de n’avoire pu me rendre a leurs voeux. L’usage et l’ordre du service me le deffendent... Craignant que les aubergistes ne nous compte plus de chevaux qu’ils n’en n’ont effectivement, arrangés vous de maniere a faire passer dans chaque ecurie un homme de confiance, qui devra rendre un compte exacte du nombre de chevaux presens dans chaque auberge...
18 juin : ...dans le cas où les militaires stationés dans la commune y seroient encore, vous voudrés bien prévenir Mrs. les adjoints qu’ils devront être changé pour lundi prochain et avoire l’attention d’en mettre de préférance chés eux qui n’ont point acquités leurs parts des contributions affectés pour les fournitures faites aux militaires qui ont été stationes dans la commune, les officiers devant etre logés dans les meillieurs maisons si on ne peut mieux les mettre que où ils sont actuellement y devront rester...
30 juin : ... je me vois forcé de prendre cette mesure ne sachant pas combien de tems nous pourons encore avoire les lanciers. Mr. le prefet que j’ai vu ce matin et a qui j’ai rapellé la promesse qu’il m’avait fait de les ôter sous huit jours, m’a répondu que ce n’etoit plus en son pouvoir de les ôter, qu’ayant un autre administrateur a sa place il ne se melleroit plus de rien, il n’a pas l’air du tout content. Il m’a ceppandant dit qu’on prenoit des mesures pour les caserner et que peut-être sous quatre ou cinq jours on les rapellerait tous a la ville. Vous voyés qu’on doit s’assurer quelques fonds pour pouvoire faire patienter les fournisseurs...
Ca. 69 p. écrites in-4 et in-8 (sans compter les adresses). Très bon état général....200 Euro

[NO 509] REVOLUTION - CARO - PLOERMEL - MORBIHAN - PICOT DE BOISBY. Certificat en faveur de Francois René Picot de Boisby, seigneur du Lobo. CARO, le 24 juillet 1791 et PLOERMEL, le 26 juillet 1791.
Nous maire et officiers municipaux de la paroisse de Caro, district de Ploermel, dans le departement de Morbihan, attestons que le Sieur Francois René Piccot de Boisby né le 2 octobre 1735 demeurant habituellement au chateau du Lobo, en la paroisse de Caro, a ce jour devant nous comparu et nous a de sa part attesté qu’il n’a point d’autres pension ni traitements que celui lui accordé par le roi, comme ayant été cydevant conseiller au parlement de Bretagne, pourquoi nous avons delivré le present audit Sieur Piccot pour lui valoir et servir ainsi qu’il appartiendra. Sous le seing dudit Sieur Piccot avec les notres ce jour 24 juillet 1791
Piccot de Boisby - Francois Plissort - Laurant Dany - Guis Pelerin
Nous administrateurs composant le directoire du district de Ploermel au département du Morbihan, certifions que les signatures apposées au present sont celles des maire et officiers municipaux de la municipalité de Caro en foi de quoi nous avons donné le présent et y avons fait apposer le sceau de l’administration... à Ploermel le 26 juillet 1791
Gaillard, vice p(résiden)t - Perret - Jan - Woirdye, se(crétai)re
1 p. in-4. Au verso timbres fiscaux. Très beau sceau de cire ..............................60 Euro


[NO 510] DE L’ANCIEN-REGIME À LA REVOLUTION - LES CHATEAUX DES ENVIRONS DE LA FLÈCHE - BOUCHER, Charles Pierre Augustin (Montbason 1742-1812). Maître des arts et chirurgien en chef du Prytanée militaire de la Flèche. Manuscrit intitulé: Idée des châteaux et maisons de campagne des environs de la Flèche avant la Révolution.
17 p. in-4 et 2 in-8. avec beaucoup de corrections. S. l. et. d. Sans doute LA FLÈCHE, fin de 1801 (cf. pour la date et l’attribution : Annales de Bretagne et des pays de l’ouest, Anjou, Maine, Touraine 91 (1984) 159).
Je vous donne ici presque tout le texte, qu'il est très beau et intéressant.
Chateau de Malicorne. Il appartenoit au Marquis de La Chatre [ou CHASTRE] qui la vendu à Mr. de Praslin, ainsi que la terre de Bonne-Fontaine, annexe considerable, a Mr. Bertrand de Nantes.
On sait que la maison de La Chatre est une des plus anciennes de France ; elle se perd dans la nuit des tems audela des croisades. Le dernier La Chatre fut gouverneur de St. Malo. Il epousa une demoiselle de la maison des Ussens qui a donné plusieurs princes à l’eglise. Il eut deux fils dont l’aîné fut gentilhomme de Monsieur, frère du roi, et qui fut colonnel du regiment de dragons de ce prince. Le cadet, ou chevalier, prit le...des armes qu’il fut contraint de quitter bientôt, ayant tenu une mauvaise conduite dans une affaire d’honneur. Il .. a son adversaire avant qu’il fut en etat de defense. Il se jetta dans l’etat eccesiastique, qui auroit du le revomir.
Le vieux marquis etoit un homme dur, la marquise d’une hauteur insuportable, elle ne permetoit pas aux hommes de s’asseoir devant elle. Cette fierté ceda à la lecture de l’evangile et cette femme devint aussi humble quelle avoit été superbe. C’est dans ces heureux sentimens qu’elle porta sa tête à la guillotine sous Robespierre. Son mari mourut auparavant.
Cette maison se ruina par beaucoup de depense et par la batisse des deux pavillons que l’on voit aujourd’hui. Le chateau précedant etoit de forme antique, j’en voiois avec plaisir un vieux donjon dans lequel Mde. de Sevigné avoit séjourné. Le pavillon de droite en entrant continoit une biblioteque précieuse et une suite de portraits des La Chatre, dont le premier etoit du onzieme siecle. Ce La Chatre etoit prince de Delos ; cette collection etoit d’autant plus precieuse que l’on voioit les differens costumes de guerre qu’ont porté les francois.
L’ainé La Chatre épousa une D(emois)elle Boutiars, riche heritiere du financier Beaujeon. La vielle marquise ne trouva pas ce parti aussi avantageuse de la fortune qu’elle se l’étoit promis et elle avoit le chagrin d’avoir allié son fils à la finance ce qui lui faisoit dire avec humeur ; quand les gens de notre espece se mésalient, il faut qu’ils prennent une femme toute d’argent. Cependant le comte de Namé, c’etoit le nom des aînés de La Chatre, aimoit sa femme, l’argent qu’il lui apporta servit d’ailleurs à flatter son amour propre ; il le mangea en grande partie à donner des fêtes magnifiques à Malicorne, où il assembloit les officiers de son regiment et ceux des Carabiniers. Les habitans de Malicorne virent repandre l’or dans leurs foyers, mais ils virent aussi la dissolution des m... s’introduire parmi leurs femmes et leurs filles, qui jusques-là ne connoissoient que la simple nature. Les commedies, les bals donnés au chateau, le sejour des laquais repandirent la corruption avec rapidité. Le comte de Namé eut un fils, nommé Alphonse, bel enfant, et du plus grand espoir. (*Il resta auprès de sa mere etant trop jeune pour suivre son père. Parvenu à l’age de porter les armes il s’est embarqué sur l’escadre de Leclerc destinée à reconquerir St. Domingue sur Toussaint Louverture et il a été tué dès la premiere affaire.) Mais sa fortune a été en grande partie dispersée presque dès sa naissance. Le desordre de cette maison obligea de vendre cette belle terre qui valoit de revenu. Le comte de Namé, n’est plus connu que sous le nom de La Chatre, il a émigré et a eu a commander un corps de 4000 hommes. Sa femme est restée en France avec son fils ; elle a divorcé et s’est mariée à Joseph Jaucour, homme d’une famille distinguée par son rang et par son esprit. Mr. de La Chatre n’est pas encore de retour en France.
Pescheseul, par corruption Peschereuil. Chateau considerable mais mal bati près Parcé, fameux par le sejour d’un seigneur de Champagne, qui faisoit sauter dans un vivier les gens qui n’etoient pas de son parti. Il appelloit le vivier sa grand terre. Charles IX etant venu à Pescheseul demanda à voir cette ..., à laquelle tant de malheureux avoient bu jusqua la mort, il fut epouvanté en voyant le vivier et la hauteur d’ou le Sr Sire de Pescheul faisoit precipiter ses malheureuses victimes.
Cette terre appartient à Mr. Barin [= BARRIN] de la Galissonniere, marquis, chevalier de St. Louis, colonel d’infanterie, quatrième fils d’un pere et d’une mere qui avoient dilapidé toute leur fortune. Cette maison a eu un chef d’escadre sous Louis XV. Les trois freres aînés furent tués en duel par le meme homme. Le 4me etoit destiné a l’eglise et portoit le nom d’abbé au collège des jesuites où j’etudiois avec lui; La voulant repaser sa fortune par un riche mariage, il épousa
M(ademois)elle Poisson niece de Mde. de Pompadour, maitresse de Louis
XV. Le mari obtint brevet de colonel, mais il eprouva des desagremens
par la legereté de sa femme. Revolution la jetté dans d’autres malheurs par suite de l’emigration. Mr. La Galissonniere est homme d’esprit propre à la diplomatie. Il ne paroit pas qu’il soit encore de retour de son emigration.
La Suze, en Courcelle, chateau situé près d’une foret et dans un bas formant un corps de batiment considerable.
La comtesse de la Suze qui vivoit dans le tems de nos guerres civiles anterieures, est fort connue par son singulier mariage et encore plus par ses poesies.
Le comte de la Suze etoit marechal des logis de la cour sous Louis XV. Son origine vient de Chamillar [=CHAMILLART], ministre parvenu, mais d’un grand merite, sous Louis 14. (*il epousa une demoiselle Chauvelin, fille du garde des sceaux de France.) Mr. de la Suze partagea l’amitié du Roi avec beaucoup d’autres seigneurs qui avoient paru à la cour de bonne heure et qui partagerent les premiers plaisirs de sa jeunesse. Ce prince devenu libertin, ses favoris participerent à sa debauche. Dans ces orgies chacun changeoit son nom. Mr. de la Suze rapportoit qu’un jour le Roi prit celui de la France, que l’on donne quelque fois à un domestique ; chacun en prit un de cette nature et on parla, on but comme font les laquais. Mr. de la Suze sentit combien Louis XV. s’humilioit et joua mal son personnage. Louis s’en appercut et sentit qu’il s’..., tout à coup il dit, Messieurs, voilà le Roi, qui arrive. Alors on le salua et chacun reprit son nom et son rang. Un caractere honnête comme celui du comte de la Suze ne pouvoit pas continuer longtems de partager la crapule a laquelle la cour etoit livrée, il s’en retira et vint à sa terre repandre beaucoup de bienfaits et une grande édification par une religion rare dans tous les rangs. Son fils s’est emigré et a donné dans la haute devotion. On a vendu, dilapidé cette terre.
La Rochedivan, en Mansigné, chateau appartenant au vieux marechal de Maillé, qui a raison de son rang et de son attachement à Louis XVI a été guillotiné. La terre Divan est assez considérable, mais le chateau est une maison assez ordinaire, dont toutefois les dehors sont beaux. Elle a été reticée par Mde. de Maillé des mains des patriotes que en avoient traité avec la nation. Cette dame y fait son sejour avec son fils et se console de ses grandeurs avec cet enfant et la musique. Les fêtes que le marechal donnoit etoient belles ; mais son caractère naturellement dur en auroient banni le plaisir si la marechalle n’eut emploié beaucoup d’amenité, de grace et de prevenance pour reparer les tords de son mari, dont elle s’appercevoit avec peine. On servait dans cette maison beaucoup de vin de Roussillon, province dont Mr. de Maillé etoit gouverneur. Ce vin est rouge et d’une qualité précieuse par son parfum, sa couleur et parce qu’il se conserve un grand nombre d’années il est encore assez peu connu à la Flêche.
Veneville, en Mansigné, vieux chateau dont la situation n’est pas avantageuse. J’ai parlé cidevant du marquis de Veneville et du malheur de sa maison. Ce chateaux a été vendu à ... prêtre qui s’est jetté dans le commerce. Il reste encore quelque domaine, le fils jeune homme de 16 ans semble devoir en reprendre possession. Le sejour de cette terre a été agréable pendant quelque tems à l’occasion du mariage du fils Veneville avec M(ademois)elle de Vieul et de la liaison de cette jeunne dame avec Mde de Fontenille, niece de Mde. de Clermont.
Gallerande en Pringé, chateau antique d’une forme imposante et dont les dehors sont de la plus grande beauté et l’horisoir très etendu. On voioit dans le salon à manger des portraits curieux parmi lesquels etoit celui du marechal de Clermont, tué dans la ruelle du lit du Dauphin qui gouvernoit pendant la prison du Boijean et contre lequel Mariel prevost des marchands avoit soulevé les parisiens. On y voioit aussi le portrait du cardinal d’Amboise etc.
La maison de Clermont-Gallerande remonte à la plus haute antiquité. Elle n’est pas seulement illustre par la bravoure, elle l’est encore par l’esprit ; le cardinal d’Amboise, ministre de Louis 12 etoit de cette famille. Ce ministre contribua beaucoup à faire meriter à ce roi le titre de père du peuple ; il habita Gallerande. J’ai vu une chapille en épron qui etoit un chef d’oeuvre d’architecture, suspendue presque totalement en l’air, du côté de l’est-sud du chateau, elle a été abbatue.
Ce chateau a toujours été occupé par ses maîtres depuis très longtems. Sous Louis XV. le marquis de Clermont, gouverneur de La Rochelle en faisoit ses delices. Il y fit construire une menagerie qu’il peupla d’animaux fort rares que les armateurs de La Rochelle lui apportoient de toutes les parties du globe. Ce personnage etoit bon guerrier, il prit Outenarde dans la guerre de Flandres et il fut parvenu au baton de marechal de France s’il eut été plus courtisant. Il n’eut que le cordon bleu naturellement due. Il faisoit souvent sentir la violence de son caractère aux habitans de Pringé. Sa cour n’etoit composée que d’hommes, les dames ne pouvoient y aller parce qu’il ne vivoit point avec la sienne. Il avoit une concubine qu’il avoit ammenée d’Alsace, dont le nom etoit Mozel et qu’il avoit qualifiée de celui de Baron en lui donnant un habit d’homme qu’elle porta pendant le tems de ses campagnes et qu’elle reprenoit souvent à Gallerande. Cette fille que je n’ai connue que dans son arriere saison avoit été jolie, très fraiche, elle avoit de l’esprit naturel, son caractère etoit très malin, son coeur bon ; elle est morte à la petite maison de La Piltiere, qui a été rebatie depuis elle eut deux enfans dont l’aîné mourut ; le second vit, on l’appela Mozillon, destiné à l’état ecclesiastique ; mais il fut assez honnete homme pour ne pas prendre les ordres ; il entra dans le regiment d’Orleans cavalerie, dont il s’est retiré avec brevet de capitaine. La maison de Clermont lui permit den porter les armes avec une petite etoile pour en marquer la distinction. Il prit le nom de chevalier de Clermont Duplessis ; Louis 15 autorisa cette espece d’adoption, quoique Mozillon fut né pendant la vie de la femme du marquis de Clermont. C’etoit une infraction scandaleuse aux loix. Clermont Duplessis a épousé la fille d’un orfevre de Lille, dont il a eu 12000 de revenu. Il est né avec du talent pour la musique et un genre d’esprit au dessus du commun par sa facilité et par sa singularité. On doit lui savoir gr´de s’etre addonné à la sienne numismatique, il a receuilli un medailler, qui le dispute à celui de l’institut national. Après la mort du marquis, gouverneur de La Rochelle, sa niece la duchesse de Brancas posseda par heritage la terre de Gallerande. Ce sejour devint alors plus agreable ; il fut frequenté par les gens de bonne compagnie. La duchesse vendit sa terre à son parent le marquis de Clermont, ecuier du duc d’Orleans le pere de l’Egalité, marechal de camp, qui a épousé une Latour du Pin - Montauban. Cet illustre couple n’a point eu d’enfants, mais ils ont adopté Mde. de Fonetille jeunne dame de la maison de La Tour du Pin, qui joingt beaucoup d’esprit à une figure très agréable. Elle etoit dame d’honneur chez Mde. Elisabeth. Cette famille a rendu le sejour de Gallerande infiniment agreable pendant 10 années où elle passoit toute la belle saison. Les gentilshommes des environs, la maison du Lude, celle de Veneville y venoient habituellement. Les dimanches on donnoit des fêtes aux habitans de la campagne on y distribuoit un prix de la valeur de 30 # à celui qui etoit parvenu à un but proposé etc. Le marquis et la marquise marioient de tems en tems des sujets pauvres de l’un et l’autre sexe reconnus pour honnetes et laborieux.
L’archevesque d’Auche, frere de Mde de Clermont, venoit presque tous les ans passer 15 jours. Les jeux, les fêtes, les plaisirs etoient alors multipliés. (*il y eut une occasion où les fêtes devinrent de la plus grande magnificence. Ce fut a l’occasion de l’arrivée de Mde de Lamballe. Cette princesse etoit alors âgée d’environ 30 ans ; encore belle ; elle avoit une chevelure blonde superbe ; sa taille etoit un peu puissante. Je ne pensois pas alors que cette malheureuse femme etoit destinée au masacre et que ses membres eroient dispersés dans les rues de Paris. Une de ses cuisses resta 48 heures dans la rue St. Antoine.) Ce prelat etoit doué d’un caractère très affable, d’une douceur d’ange ; j’ai remarqué pendant le traitement qu’exigea la rupture d’un tendon de la jambe, qu’il ne commandoit point à ses domestiques... il leur faisoit connoitre sa volonté par ces termes, mon ami, je vous prie de faire ceci ... un tel vous allez faire telle chose, je pense, et il les remercioit toujours. Il connoissoit assez bien la chymie. Son revenu etoit d’environ 100000 ecus dont il donnoit une partie á sa soeur, pour soutenir son rang. Celui de la maison de Gallerande etoit de 80000 # et il netoit pas suffisant, parce que naturellement le marquis aimoit la depense et quil avoit a soutenir les parents de sa femme qui etoient très nombreux et très peu aisés de la fortune. Larchevesque a perdu son grand revenu en refusant le serment. Toute la famille La Tour du Pin eut été sans ressource si la generosité du marquis de Clermont ne fut venue à son secours ; heureusement dans ces tems il lui est survenu un très gros heritage. La revolution a peu alteré sa fortune ; mais elle la exposé a perdre la tête, son tour pour la guillotine etoit arrivé pour le jour auquel Robespierre fut arrêté. Il est à remarquer que Benoit son domestique tandis que son maitre d’hotel et son chef de cuisine qui s’etoient enrichis à ses dépends faisoient contre lui des denontiations affreuses voulut l’accompagner à l’abbaie lorsqu’il fut arrêté. Cette arrestation n’avoit pour cause qu’un grand nom, une grande fortune, car Mr. de Clermont avoit à la verité emigré, mais il etoit rentré dans le tems fixé par la loi.
Mervé, près Luché, ancien chateau qui a été demembré de la terre de Gallerande et vendu à Mr. Fontaine, qui en prit le nom. Mr. de Mervé se retira croix de St. Louis, capitaine d’infanterie. Cette famille n’est point noble, mais elle a toujours vecu noblement. Ce sejour n’etoit point un lieu d’agrement, le maître y vivant 6 mois l’année avec sa famille au milieu de laquelle il se tenoit assez gourmé passant son tems à la chasse. Quoique naturellement haut et violent il sut se moderer un jour. Il chassoit dans son bois qui est sur le bord du chemin du Lude. Un marchand de cochons voit un de ses baisets et lui coupe les reins d’un coup de fouet. Mr. de Mervé arme son fusil contre le marchand, tout a coup il se retourne et gagne son chateau, où il se trouve mal par la violence qu’il s’est fait. Il habitoit à la ville la maison de la grande rue que Trokai a achetée de la nation. Il eut un frère cadet qui retint le nom de Fontaine Chamdepi et qui epousa M(ademois)elle Lefevre de Male ( ?) laquelle a été guillotinée. Mde de Mervé qui etoit de la famille Richer, gens de robe, ne donna que 3 filles a son mari. L’ainée epousa Mr. de la Motte d’Aubigné, excellent gentilhomme de Bretagne, croix de St. Louis, capitaine d’artillerie, qui emigra avec ses deux fils dont le cadet mourut peu après son depart, l’aîné est un excellent jeunne homme, chef de Chouans, qui a préservé La Flêche de l’entrée de la troupe de son parti. La 2de fille a epousé Mr de Morans, noble, demeurant près Duretal ; elle a emigré avec ses deux fils et deux filles et est rentrée en France ou elle a trouvé sa fortune vendue. Son fils cadet vient d’epouser M(ademois)elle Girout dont le pere et la mere ont été guillotinés à Nantes. La 3me fille est morte en emigration. .... Le chateau de Mervé etoit un lieu charmant par la position sur le Loir. La Citoyenne Babousse, femme d’un chirurgien de campagne, en a fait l’acquisition. Elle en a vendu les fenetres, les serrures pour vivre. Ce chateau est un lieu de desolation aujourd’hui. Cependant M(ademois)elle de la Motte fait ses efforts pour ammasser sur son mediocre revenu de quoi le racheter. Lorsque cette demoisselle est revenue de son emigration elle a trouvé des fermiers assez genereux pour lui rendre la proprieté des fermes qu’il avoient achetés de la nation. Cette demoisselle vient d’epouser Mr. Le Fevre de Chales son parent.
La Barbée, en Bazouge [BAZOUGES], ancien chateau appartenant aux Champagnes, devenu proprieté par achat de Gilles. La famille Gilles est noble d’epée et non par la mairie d’Angers comme on la pretendu ; ce nom est celui d’hommes qui ont beaucoup d’esprit, qui ont pris le nom de cette terre laquelle est considerable ... Mr. de la Barbée setoit retiré tres jeunne du service à raison d’une foible santé. Il epousa M(ademois)elle Lenaudiere personne très agréable mais d’une fortune et d’une naissance très inferieure ; il a eu deux fils, l’aîné est remarquable par sa taille et sa belle figure, encore plus par sa bravoure, par son gout pour les armes qu’il a consacré au service de la république pendant toute la guerre d’Allemagne. Il a été commandant des volontaires de Bonaparte, corps composé de gens riches et qui na subsisté qu’un moment. Il est retiré du service avec pension. Le cadet est une sorte de philosophe qui voyage actuellement en Italie. C’est lui qui a formé le theatre sousterrein que l’on voit à Grandeau. Mde. la Barbée avoit peu de gout pour la grande société, cependant j’ai vu dans cette maison les gens les plus marquants. Tout s’y traitoit dans le genre de la grandeur. Mr. de la Barbée attaqué d’une maladie ... dans le moment que j’ecris, semble devoir vivre très peu sa vie qui a été plus longue qu’il n’avoit a esperer, ...(etc.)... il est aujourd’hui un exemple de douleur et un modele de patience.
Les Gringuenieres, charmante maison de campagne en la Chapelle d’Aligne, dont le maître etoit Mr. Richard de Beauchamp, devenu noble par l’achat dune charge. Le sejour des Gringuenieres etoit un des plus agreables de nos environs. Mr. et Mde. de Beauchamp ont eu un fils et 3 filles ; cette famille etoit infiniment aimable elle reunissoit beaucoup de graces et de gaiété. Le père et la mere attiroient chez eux la meilleure compagnie, on y jouoit la commedie ; j’y ai vu jusqua 20 maîtres. Mde de Beauchamp etoit noble et avoit beaucoup de freres et neveus qui venoient aux Gringuenieres non seulement pour s’y delaisser des fatigues de la guerre mais pour y refaire leur porte manteau, leur fortune etant tres mediocre. Quatre de ces jeunnes gens ont peri a Quiberon. Si la maison des Gringuenieres etoit lieu de plaisir elle etoit egalement le centre de la vertu. Mr. de Beauchamp avoit eu une jeunesse emportée et ses paysans en avoient souffert. Avant de se marier sa vie etoit celle d’un franc libertin. Mr. de La Haye, un des ses camarades, mourut entre ses bras et mourut dans le plus vif rep... regrettant de navoir plus que quelques moments à vivre pour reparer ses fautes ; il conjura son ami d’employer le tems que le .. lui laissoit à reparer les siennes et de ne pas attendre le moment de la mort. A l’instant Mr. de Beauchamp resolut de se donner à la pratique des bonnes oeuvres, il assembla chez lui tous les pauvres de sa paroisse, leur donna à manger, les servit lui meme et les invita a prier Dieu pour obtenir le pardon de tout le mal qu’il avoit fait. Il forma une petite pharmacie chez lui et etablit avec moi une correspondance pour le traitement des pauvres malades. Il etablit chez lui un chapelain pour avoir la messe tous les jours. Chaque soir, soit lui, soit sa dame, ou une de ses demoisselles, lisoit un chapitre de l’imitation, ou l’evangile, à tous ses domestiques rassemblés, aucun n’osoit y manquer, puis on faisoit la priere en commun. Le moment de l’emigration venu son fils partit, le père vit cet enfant seul et sans experiance, il le suit quelques jours après. Ils se randirent à Mastreul, où il est mort d’une fluxion de poitrine après avoir été obligé de passer l’eau a lavage pendant la rigueur de l’hyver. ...(etc.)
Les Essarts, en Arthezé ; ce chateau n’est qu’une maison ordinaire de campagne dont le rez de chaussée fait un beau plein pied. La situation n’a rien d’agreable. Mr. Tr... de la Ganerie après avoir été regisseur de la compagnie des Indes, l’acheta de Mr. de Boissimon. Sa fille l’apporta en dotte à Mr. Chardeboeuf de Pradel, fils de Mr. de Pradel lieutenant général des armées du roi, originaire de Poitiers. Mr. de Pradel etoit un homme aimable, d’une figure noble, sa femme etoit laide aiant de l’esprit, mais ayant beaucoup de fantaisies. Il obtint le grade de marechal de camp deux ou trois ans avant la revolution. J’ai aidé dans ses couches sa dame qui a eu 5 enfans, dont un garcon nommé Jale. Mr. de Pradel, homme très honnête, gerant son bien avec ordre, eut envie d’annexer à sa terre celle de la Motte et emprunta de moi deux mille ecus, pour cet effet. Il a emigré avec sa femme et son fils ; la nation n’a pas voulu reconnoitre ma creance, parce qu’elle etoit sous seing privé. Mde. de Pradel qui a beaucoup trop d’ascendant sur l’esprit de son mari ne veut pas rentrer en France à moins que tout l’ancien ordre de chose ne soit retabli et comme cela est impossible, son voeu ne sera point accompli et je perdrai cette somme qui m’etoit fort necessaire dans mes vieux ans. ...(etc.)... Mr. de Pradel a encore sa mère et je sais que la famille a racheté Abin, chateau dans le Mirbalais. Il est donc contre la raison que Mr. et Mde. de Pradel restent en Angleterre puisque par leur retour ils peuvent sauver à leur fils une partie de sa fortune.
Maune, dans la commune de Broc à 2 lieues du Lude chateau de forme antique et moderne, acheté par Mr. Blin, financier, frère de Mr. Langlotiere. Cette terre est tombée à Mr. Blin Langlotiere par sucession. Lorsque le gouvernement revolutionnaire porta le peuple à bruler les chateaux, celui de Maune fut incendié, et ce n’est que sous ce rapport que j’en parle etant hors des environs de La Flêche. Ce chateau etoit richement meublé, enrichi d’une biblioteque choisie et de tableaux de l’ecole flamande. Les incendiaires en tirerent quelques meubles propres a leurs usages et livrerent le reste aux flammes. Il ne reste qu’une mazure rembrunie et qui sera long tems un monument des mlaheurs dont la France a été couverte par ses propres habitans et non par l’invasion de quelque peuple barbare.
[sur une feuille separée :]
Le v. La Barbée, cidevant commandant des volontaires de Bonaparte etc. vient de me dire que l’on avoit partout permis le pillage à nos troupes, que cetoit le seul moyen de les animer, de les soutenir, de leur faire aimer leur etat : qu’actuellement elles s’ennuoient en garnison. Il suit de là que nous devons etre odieux aux nations chez lesquelles nous avons ... et le feu et c’est ce qui est realisé : que le soldat seroit encore disposé a une contre revolution si on lui presentoit l’appas des gain. De là quelle crainte ne devons nous pas avoir si un general ou deux generaux ennemis de Bonaparte vouloient le culbuter.
Il a connu Desseix [DESAIX] a qui on eleve un monument. Cet homme encore ausy jeune lui a dit qu’il aimoit la guerre avec passion. Que si la France faisoit la paix il iroit au bout du monde chercher un pays ou la guerre se fit. Est ce là le caractère d’un heros ou d’un meurtrier ?
17 p. in-4 et 2 in-8. Bon état. Texte extraordinaire...........................................400 Euro


[NO 541] GUERRE DE VENDÉE - ARMEE DES CÔTES DE BREST – 7eme BATAILLON DE PARIS, première levée pour la Vendée, crée le 28 mai 1793. Certificat du conseil d’administration de ce corps. AVRANCHES, le 30 thermidor an III (17 août 1795). Plusieurs signatures, dont celle du commandant LOUTIL.
Nous, soussignés, membres du conseil d’administration du susdit bataillon, attestons que le Citoyen Garon, volontaire de la 7eme compagnie s’est toujours conduit en brave militaire dans toutes les occasions où le bataillon a eu des choses périlleux à essuyer, qu’il a été grievement blessé à l’affaire de Coron. En foi de quoi, nous lui avons donné et délivré le présent certificat pour servir et valoir ce que de droit...
1 p. in-fol. Vignette, sceau de cire. Belle pièce..................................................100 Euro

[NO 544] DEPARTEMENT de la HAUTE-MARNE. Lettre circulaire avec les noms de tous les administrateurs du département : Usunier, Boilletot, Thibault, Godinet, Bellefontaine, Légerin, Dubois, Mathieu et de Mariotte, secrétaire général. CHAUMONT, 8 floreal an II (27 avril 1794).
1 p. in-4 avec adresse et marque postale. Le nom du département adressé à été enlevé de la lettre et de l’adresse....................................................................................45 Euro

[NO 545] DEPARTEMENT DE L’ARIEGE. Lettre circulaire de l’administration centrale du département aux administrateurs du département de l’Ardêche avec toutes leurs signatures, soit : Cancel, président ; Darexy ; Darnaud ; Dupuy ; Gomma ; BORDES, Paul Joseph (Rimont 1762-1847), conventionnel, ici comme commissaire du directoire exécutif ; Mangin, secretaire en chef. FOIX, le 1 vendemiaire an VII (22 septembre 1798).
1 p. in-fol. avec adresse et marque postale (Foix). Bon état..................................45 Euro


[NO 552] JOURDAN, Jean Baptiste (Limoges 1762-Paris 1833). Maréchal d’Empire.
Pièce signée comme représentant de la Haute-Vienne ensemble avec le célèbre Jean Charles PICHEGRU (Arbois 1761 - Paris 1804 : trouvé étranglé dans la prison du Temple). D’autres signataires en plus, des représentants du peuple :
x BAILLEUL, Antoine Louis Philibert. Ex-constituant.
x BERTHEREAU, Francois Antoine (Orne). Ancien juge à Mortagne.
x CHARTIER, Philippe Francois. Juge au tribunal du district de Bellême.
x DUGUÉ D’ASSÉ, Jacques-Claude (1749-1830). Conventionnel, vota au procès de Louis XVI pour l’appel au peuple, pour la détention, pour le sursis ; procès de Marat : pour la mise en accusation. Administrateur du département de l’Orne et au conseil des anciens. On a de lui cinq lignes autographes.
x HENRI-FONTENAY ou HENRI, comte de FONTENAY (Tours 1753- Paris 1834). Député au conseil des anciens. Six lignes autographes.
PARIS, 15 et 17 prairial an V (3 et 5 juin 1797).
Le Citoyen Lonlay demande des directeurs un emploi comme capitaine en second dans la 130e compagnie des Vétérans nationaux. Il a 46 ans, est entré au service en qualité de soldat au 44e régiment d’infanterie le 1er mai 1772... le 1er mai suivant a eté fait sous-lieutenant ; en 1782 il a fait une campagne en qualité de second l(ieutena)nt au 3e regiment de grenadiers ci devant royaux ; il a fait toutes les campagnes depuis la revolution en qualité de capitaine dans la legion du centre Armée de Sambre et Meuse jusqu’au dix thermidor an 3 que sa santé etant derangée a l’armée, le comité de Salut Public l’a rappellé a une compagnie dans le 5e bataillon de la legion de police ou il a eté mis en activité par le général BUONAPARTE. Enfin le 21 floréal l’an 4 le ministre l’a nommé capitaine de veterans nationaux ou il est actuellement, ce qui lui a fait trente et une année de service avec ses campagnes sans interruption... Il demande que n’ayant pas eté employé dans le dernier travail, il soit nommé par vous, Citoyens directeurs, capitaine en second dans la 130e compagnie ou il est actuellement seul capitaine a la suite. C’est une justice que vous rendrez a ses anciens services et a une femme et trois enfants etablis a Paris qui dependent de son etat pour vivre...
[suivent des lignes autographes de Dugué d’Assé :]
je connais Lonlay dès l’enfance et je ne peux recommander quelqu’un qui le merite plus. Le representant...
[suivent les lignes autographes de Henri-Fontenay :]
Les representans du peuple soussignés qui ont connoissance des services et du civisme du Citoyen Lonlay estiment qu’il a droit a la conservation de son état et d’une place dont il consacre le produit au soutien de sa famille et à l’éducation de ses enfans, et ils appuyent cette demande avec empressement. Ce 17 prairial an Ve....etc.
[suivent les signatures]
1 p. in-fol. Petite reparation, sinon bon état....................................................280 Euro


[NO 553] BOURDON DE VATRY, Marc Antoine (Longny-au-Perche 1761 - Paris 1828). Fit partie de 1781-1783 du corps expéditionnaire de Rochambeau aux États-Unis comme secrétaire. De 1792-1797 directeur des colonies au ministère de la Marine. Ministre de la Marine 1799-1800. Sous le Consulat et l’Empire préfet maritime du Havre, préfet du Vaucluse, de Maine-et-Loire et en 1809 préfet de Gênes. Pendant les Cent-Jours, il est préfet de l’Isère.
Lettre signée (L.A.S. ?) comme préfet maritime du 2d Arrondissment au Citoyen Championet ( ?) chef de brigade, directeur d’artillerie à CHERBOURG. AU HAVRE le 27 nivose an X (17 janvier 1802).
Je n’ai point l’honneur de répondre dès avant hyer, Citoyen, a la lettre que vous m’avés fait celui de m’ecrire le 16 parce que je desirais préalablement me concerter avec le C(itoyen) Des Farges chargé de la direction du Genie pour la partie de mon arrondissement qui prend depuis Arromanches jusqu’à Honfleur ; mais il est absent pour quelques jours encore et je ne veux pas vous faire attendre plus longtems. Je vous engage donc, en attendant son retour, a vous concerter avec le C(itoyen) Roustoqueny ( ?) qui desgnera un officier militaire pour le travail a faire sur les batteries depuis Grandville jusqu’à Arromanches. Si vous avés la bonté de commencer par cette partie de la cote, votre opération donnera le tems au C(itoyen) Des Farges de revenir au Havre et dès qu’il y sera arrivé, nous nous entendons pour le surplus de votre travail jusqu’à Honfleur et je m’empressrai de vous faire part de ce qui aura eté convenu ...
1 p. in-4. Superbe vignette..............................................................................95 Euro

[NO 555] TEXIER-OLIVIER, Louis. Lettre signée comme commissaire du Directoire Exécutif près l’administration du département d’Indre-et-Loire au ministre de l’intérieur.
TOURS, le 23 germinal an V (12 avril 1797).
Citoyen ministre,
j’ai recu votre lettre du 29 ventose d(erni)er et les 19 exemplaires d’une proclamation du directoire exécutif sur les brevets d’invention délivrés depuis le 9 pluviose de l’an 2, jusqu’au 3 pluviose de(rnie)r.
J’en ai requis l’enregistrement, la lecture et la publication....
TEXIER-OLIVIER, Louis (Reignac-sur-Indre 1764-1849). Après avoir échappé aux orages révolutionnaires, il fut nommé en 1795 commissaire du directoire près l’administration d’Indre et Loire, puis élu député au conseil des Cinq Cents en 1798. Il s’y déclara pour le parti directorial, prononca un discours sur les dangers du système de scission dans les assemblées électorales encouragé par le directoire, et proposa de s’en rapporter constamment au chox de la majorité. Il s’éleva aussi contre la commission des insepcteurs pour avoir mis la garde du corps législatif à la disposition du général Lefebvre, et qualifia cet acte d’attenta à la représentation nationale. Après le 18 brumaire, il fut nommé préfet du département des Basses Pyrénées, et passa en 1814 à celui de la Haute Vienne, qu’il administrait encore en 1815, et où il fut remplace depuis.
1 p. in-4. Vignette. Bon état............................................................................45 Euro

[NO 556] DAIME ( ?), commissaire du directoire exécutif près l’administration municipale du Canton d’Aix, agent particulier des contributions directes. Certificat signé. AIX, le 16 fructidor an VII.
...atteste que le Citoyen Francois Simon Auguste Robaud, chef de bureau de l’agence des contributions directes de ce canton n’a pas cessé depuis l’epoque ou il a été chargé de cette partie, d’y consacrer son tems et ses veilles, que son activité et son intelligence l’ont mis à portée de cooperer efficacement et avec la plus grande celerité aux operations longues et penibles de ... par les loys aux commissaires du directoire exécutif, dans cette partie importante, et qu’il s’est acquis par ce moyen notre estime et notre bienvaillance et celle de ses concitoyens, en temoignage de quoy nous lui avons delivré le present à Aix au Bureau de l’agence l’an et jour que dessus...
1 p. in-4. Beau cachet humide rouge du Canton d’Aix.......................................45 Euro

[NO 558] PROSPER SIJAS, l’adjoint de la quatrième division du département de la guerre. Jacobin, partisan de Robespierre, qui fut un des guillotinés du 11 thermidor (29 juillet 1794). Lettre signée au Citoyen Guerin, sous-lieutenant des grenadiers au 2eme Bataillon de Mayenne et Loire, cantonné a Noyelles. PARIS, le 6 nivose an II (26 décembre 1793).
J’expédierai volontiers, Citoyen, un certificat de services au Citoyen Guillaume Guerin ; mais il est nécessaire qu’il me mette préalablement en état d’en faire la vérification. Il voudra bien me marquer a cet effet en quelle année il est sorti du ci-devant Régiment de Piémont, et quel nom portoit la derniere compagnie a laquelle il a été attaché....
1 p. in-fol. Belle vignette. Adresse avec marque postale, sceau de cire rouge.........110 Euro

[NO 560] VENDEE – CHAIGNEAU, administrateur du departement de la Vendée. Lettre autographe signée au Citoyen Coutouly, médecin à ANGERS. FONTENAY-LE-PEUPLE (nom révolutionnaire), le 6 prairial an V.
Citoyen et ami,
je vous adresse l’etat des recettes et depenses que conformement a vos desirs j’avois demandé au receveur de Lacon. J’apprendrai avec autant de plaisir que vous pourez en avoir a me l’annoncer, qu’echappé aux rigeurs d’une loi qui ne devoit pas vous etre applicable, il vous est enfin permis de jouir de vos proprietés. Si tous ceux dont les enfans sont emigrés, avoient tenu la conduite qui vous rend infiniment recommandable et vous a merité l’estime des republicains ; certes, nous n’eussions jamais eu la loi du 9 floréal.
Je vous desire joie et santé et suis avec le plus inviolable attachement votre concitoyen Chaigneau
1 p. in-4. Belle vignette. Bon état..................................................................75 Euro